Nous sommes tous faillibles : pour l’amour de la vérité, tolérons-nous !


Quelle place convient aux arguments épistémiques pour la tolérance? Sont-ils appropriés à la justification publique d’un principe politique de tolérance? Est-ce qu’une tolérance basée sur le faillibilisme implique que la finalité du politique est la vérité?


Afin de répondre à ces questions, dans cette communication, je présente d’abord les arguments faillibilistes de John Stuart Mill pour la liberté de pensée et la libre discussion tirés de son oeuvre De la liberté (1859). Je présente ensuite la critique de Marc-Antoine Dilhac (2014) qui affirme que le faillibilisme n’est pas est inapplicable politiquement parce qu’il fait de la tolérance un bien instrumental au service de la vérité alors que la vérité n’a pas de place légitime en politique.


Je défendrai ensuite que le faillibilisme peut jouer un rôle dans la justification publique d’un principe politique de tolérance parce que cette doctrine épistémologique ne repose pas sur une doctrine compréhensive particulière et que le faillibilisme peut servir de justification à la tolérance même sans faire de la vérité une finalité du politique. De plus, je défendrai que le faillibilisme a une place légitime dans la justification et la motivation morale d’une vertu personnelle de tolérance, ce qui est moins litigieux parce que les contraintes de justification publique ne s’appliquent pas ici.

Ce contenu a été mis à jour le 28 février 2018 à 16 h 31 min.